Un bac à graisse qui n’a pas été vidangé depuis un an, ça ressemble à ça : une croûte compacte en surface, des dépôts jusqu’à la pompe, et une odeur qui remonte dans la cuisine.
À ce stade, le bac ne sépare plus rien. Les graisses partent directement au réseau, où elles refroidissent, se figent et forment les bouchons qui coûtent le plus cher à traiter.
Un problème d’évacuation en cuisine professionnelle ? 01 80 91 90 23, intervention 7j/7.

C’est obligatoire, et pas seulement pour les restaurants
L’obligation ne vient pas d’un texte national unique mais des règlements sanitaires départementaux et des règlements d’assainissement de chaque collectivité. En pratique, tous imposent le même principe : les eaux usées d’un établissement produisant des graisses doivent être prétraitées avant rejet au réseau public.
Sont concernés en Île-de-France :
- Les restaurants, brasseries, pizzerias.
- Les boucheries, charcuteries, traiteurs.
- Les boulangeries et pâtisseries avec production.
- Les cantines, restaurants d’entreprise, restauration collective.
- Les cuisines de dark kitchen et de vente à emporter.
Le rejet d’eaux usées non conformes expose à des sanctions et, surtout, à la mise en cause de votre responsabilité si un bouchon en aval affecte le réseau ou d’autres occupants de l’immeuble.
Point important pour les baux commerciaux : l’obligation pèse sur l’exploitant, mais l’installation elle-même relève souvent du propriétaire des murs. Vérifiez ce que dit votre bail avant de signer, c’est un poste régulièrement source de litige.
Le dimensionnement, là où les erreurs se paient
Un bac sous-dimensionné se sature en permanence, quelle que soit la fréquence de vidange.
Le calcul se fait selon la norme européenne applicable aux séparateurs à graisses, à partir du débit d’eaux usées, de la température de rejet et de la densité des graisses. En pratique, on part du nombre de couverts servis et des équipements raccordés.
Ordres de grandeur couramment retenus :
- Jusqu’à 50 couverts par service : bac de 200 à 500 litres.
- 50 à 150 couverts : 500 à 1 000 litres.
- 150 à 300 couverts : 1 000 à 2 000 litres.
- Au-delà : séparateur dimensionné sur étude, souvent enterré.
Ce sont des repères, pas un calcul réglementaire. Un établissement avec beaucoup de friture ou de cuisson de viande produit bien plus de graisses à couvert égal qu’une cuisine à dominante végétale.
Erreur classique : raccorder le lave-vaisselle directement au bac. L’eau très chaude qu’il rejette refluidifie les graisses déjà séparées, qui repartent alors dans le réseau. Le lave-vaisselle se raccorde en aval, ou le bac doit être dimensionné pour l’absorber.
La vidange : fréquence et traçabilité
La fréquence dépend du volume et de l’activité. En restauration classique, un bac correctement dimensionné se vidange tous les un à trois mois. Certains établissements très gras passent au mensuel.
Le repère de terrain : quand la couche de graisse en surface dépasse environ 15 % de la hauteur utile du bac, il faut vidanger. Si vous en êtes à racler la croûte à la main entre deux passages, le bac est trop petit.
La traçabilité est ce que le contrôle regarde en premier. Chaque vidange doit donner lieu à un bordereau de suivi des déchets, remis par le prestataire, mentionnant les quantités enlevées, la date et la filière d’élimination.
Conservez ces bordereaux. Lors d’un contrôle par le service d’assainissement ou les services vétérinaires, c’est le document qui prouve que vous êtes en règle. Un bac propre sans historique de vidange ne suffit pas.
Ce qu’on voit le plus souvent en intervention
Quatre situations reviennent en boucle dans les cuisines franciliennes.
Le bac jamais vidangé depuis l’ouverture. L’exploitant ignorait son existence, ou pensait que le nettoyage suffisait.
Le bac inaccessible. Coffré, carrelé par-dessus, ou coincé sous un plan de travail scellé. Chaque vidange devient un chantier.
L’absence totale de bac. Fréquent dans les locaux reconvertis en restauration sans travaux de mise en conformité. Le problème se révèle au premier bouchon de colonne.
Le raccordement des sanitaires sur le bac. À proscrire : les eaux vannes n’ont rien à faire dans un séparateur à graisses, elles perturbent la séparation et rendent la vidange bien plus complexe.
Exemple d’intervention
Restaurant à Paris, quartier de bureaux, environ 120 couverts par service. Appel un mardi pour des remontées dans la plonge et une odeur persistante en salle.
À l’ouverture du bac, la couche de graisse faisait près du tiers de la hauteur utile, avec des blocs compacts flottants et une pompe de relevage partiellement noyée dans les dépôts. Dernière vidange documentée : quatorze mois plus tôt.
Nous avons pompé l’intégralité du bac, curé les parois et le panier de dégrillage, nettoyé la pompe de relevage, puis hydrocuré la canalisation de sortie sur six mètres jusqu’au regard, où un bouchon de graisse figée s’était formé.
Cinq heures d’intervention. Bordereau de suivi remis à l’exploitant le jour même.
Fourchettes indicatives : vidange et curage d’un bac de 500 à 1 000 litres, entre 350 et 700 €. Avec hydrocurage de la canalisation aval : entre 600 et 1 200 €. Un contrat d’entretien périodique revient nettement moins cher qu’une intervention d’urgence en plein service.
Ce qui réduit vraiment la charge du bac
Le bac traite ce qui arrive jusqu’à lui. Moins il en reçoit, mieux il fonctionne.
- Un pré-filtre ou un panier de dégrillage sur chaque évier de plonge, vidé après chaque service. C’est le geste le plus rentable de la liste.
- Racler les assiettes et les plaques à la poubelle avant plonge, systématiquement.
- Collecter les huiles de friture usagées dans des bidons dédiés, avec une filière de reprise. Elles n’ont rien à faire dans les canalisations, et leur collecte est de toute façon obligatoire.
- Ne pas verser d’eau bouillante ni de dégraissant chimique dans le bac en pensant l’aider. Vous refluidifiez les graisses et vous les envoyez au réseau, exactement ce que le bac est censé empêcher.
- Tenir un registre des vidanges et des interventions, avec les bordereaux agrafés.
Nous proposons des contrats d’entretien périodique aux restaurants et commerces de bouche, avec passage programmé, bordereau et inspection de la canalisation aval. Ça évite l’arrêt d’exploitation un vendredi soir.
Questions fréquentes
Le bac à graisse est-il obligatoire pour un snack ou une dark kitchen ? Dès qu’il y a production de graisses, oui, dans la quasi-totalité des règlements d’assainissement franciliens. Le format et le volume s’adaptent à l’activité.
Qui paie l’installation, le bailleur ou l’exploitant ? Cela dépend du bail. La mise en conformité du local relève souvent du propriétaire, l’entretien de l’exploitant. Faites-le préciser noir sur blanc.
À quelle fréquence faut-il vidanger ? Tous les un à trois mois dans la plupart des restaurants. Le vrai critère est l’épaisseur de la couche de graisse, pas le calendrier.
Que risque-t-on sans bac ou sans vidange ? Une mise en demeure du service d’assainissement, des sanctions, et la responsabilité des dommages causés au réseau ou aux autres occupants de l’immeuble.
Les bactéries et produits d’entretien remplacent-ils la vidange ? Non. Ils peuvent limiter les odeurs entre deux passages, ils n’enlèvent pas la matière. Seul le pompage vide le bac.
Une cuisine professionnelle en Île-de-France ?
Vidange et curage de bacs à graisse, hydrocurage, inspection vidéo, contrats d’entretien périodique avec bordereau de suivi. Nous intervenons dans tout Paris et la petite couronne, y compris en dehors des heures de service.
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